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Mis à jour le 23/01/2001.
 
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Guide de l'Auteur de Shareware

par Christophe Bouscaut




Avant-propos

Ce guide a été écrit par un membre de l'AFAS (l'Association Française des Auteurs de Shareware). Il s'adresse aux auteurs de logiciels, adhérents ou non a l'AFAS, connaissant déjà le principe du shareware.

Le but du Guide de l'Auteur de Shareware est de proposer aux auteurs quelques conseils pratiques, afin de mieux utiliser le potentiel énorme que constitue le shareware aujourd'hui.

Vous avez sous les yeux la première édition, et il est souhaitable que d'autres auteurs et utilisateurs y apportent leur contribution. Toutes les expériences se valent et le shareware est avant tout une affaire de terrain. C'est pourquoi nous accueillons avec plaisir toutes les suggestions, car chaque auteur et chaque utilisateur a toujours au minimum UNE chose intéressante à faire remarquer, et souvent bien plus. Vous pouvez envoyer vos remarques, suggestions (ou même vos contributions si vous avez préparé un article qui pourrait s'insérer dans ce guide), à l'adresse suivante:

Christophe Bouscaut - Garenmarkt 17 - 2311 PH Leiden (Pays-Bas)
Email: [email protected]

Ce guide se veut pratique donc, c'est pourquoi nous l'avons divisé en 3 parties essentielles, qui constituent les 3 thèmes apparaissant comme incontournables si l'on veut réussir dans le shareware. On peut les résumer très vite en 3 mots: créer, vendre, communiquer. C'est tout ce dont il s'agit, du moins dans ce guide.

La première partie traite de la substance, l'objet, la matière, en un mot: le logiciel. Nous aborderons quelques thèmes allant de l'idée à la réalisation, sans trop s'étendre sur la partie "programmation pure", chaque auteur ayant ses habitudes et son langage de programmation favori.

Dans la seconde partie, la plus dense, il s'agit de faire ressortir quels sont les moyens à mettre en oeuvre pour utiliser au mieux le système du shareware, une fois le logiciel réalisé. Il y sera question de commercialisation par le biais du shareware bien sûr, mais également de "bridage" et de promotion au sens large.

Enfin, dans la dernière partie, nous évoquerons l'aspect "communication", mais là encore, nous tacherons de rester pratique. Le but n'est certainement pas de vous expliquer ce qu'est un émetteur et un récepteur, ni encore de vous convaincre que la communication "constitue la clé de voûte de la réussite dans le monde moderne". Pour réussir dans la shareware, il faut aimer communiquer avec ses utilisateurs et avec ses partenaires, voila tout, et nous analyserons quelques exemples que l'on rencontre fréquemment.

Pour terminer cette petite introduction, il faut savoir que ce guide, bien qu'écrit par un membre d'une association, doit pouvoir être reproduit et être utilisé par le plus grand nombre. Vous pouvez donc librement (et gratuitement, faut-il le préciser) le diffuser ou en faire référence dans quelque projet que ce soit, à condition de mentionner la source (l'Association Française des Auteurs de Shareware).

Il nous reste à vous souhaiter une bonne lecture, et à espérer que ce guide vous sera utile et que, même si vous êtes un auteur de shareware expérimenté, vous appreniez toujours quelque chose.


Partie 1: LE LOGICIEL: DE L'IDEE A LA REALISATION

L'idée

Très logiquement, nous commençons par le point de départ: l'idée. Quel type de logiciel va-t-on donc écrire ?

On peut toujours, certes, réaliser quelque chose qui existe déjà, en tentant d'y apporter des améliorations, auquel cas l'idée est déjà à moitié trouvée.

On peut également avoir envie de se lancer dans quelque chose de nouveau, qui n'existe pas encore ou qui existe, mais qui est peu répandu ou mal adapté. Quand on connaît la diversité des logiciels shareware d'aujourd'hui, l'abondance de l'offre dans tous les domaines, on peut se demander si cela vaut vraiment la peine, et si tout ou presque n'est pas déjà inventé. La réponse est claire: c'est faux.

Une preuve? Que faites-vous lorsque vous découvrez un CD ROM de shareware? Ou lorsque vous vous baladez sur les sites de téléchargement? Vous cherchez quelque chose qui vous manque.

Parfois vous cherchez quelque chose de précis, parfois vous cherchez à être surpris, à trouver LA superbe application, LE mega-jeu ou autre. Dites-vous bien que tous les utilisateurs agissent de la même manière: malgré "l'abondance de l'offre", ils cherchent toujours quelque chose, et de plus en plus. Pour avoir une idée de programme, il faut tout d'abord se mettre dans la peau d'un utilisateur, ce qui est très facile, puisque tous les auteurs sont aussi des utilisateurs. Dès lors, il y a deux attitudes (complémentaires) que l'on peut adopter:

1. L'attitude "Perso"

Imaginez le logiciel de vos rêves ou, restons modeste, imaginez à quoi ressemblerait le logiciel que vous souhaiteriez trouver dans le shareware? Qu'aurait-il de plus que les autres? Ensuite, deux conditions. D'abord se sentir capable de le faire, puis se poser la question: "Est-ce que d'autres personnes seraient aussi contentes que moi d'avoir un tel logiciel?" Quand vous arrivez à ce point, vous êtes sur le point de trouver la "niche", le "truc" qui manque.

2. L'attitude "Marketing"

Essayez de réunir le maximum d'informations sur les shareware les plus demandés. Si vous avez accès à Internet, baladez-vous sur ZDNET ou Downloadnow.com. Le nombre de téléchargements apparaît pour chaque logiciel, des classements sont disponibles. Il est ainsi facile de se faire une idée sur le type d'applications les plus recherchées par les utilisateurs. Attention, si un soft est très téléchargé, cela ne veut pas forcément dire que son auteur reçoive beaucoup de commandes de versions enregistrées, mais cela donne déjà une idée.

Quelques conseils

Surtout ne perdez pas votre temps à programmer des calculettes, des éditeurs de textes aux fonctions minimales, des agendas ou toutes sortes d'applications légion à moins d'être certain que votre soft apportera quelque chose de nouveau, qu'il apparaîtra directement comme un logiciel apportant un "plus", bref, qui sort du lot.

Passez en revue des logiciels et posez-vous des questions du type: "N'y-a-t-il pas plus simple à utiliser?" ou "Est-ce que son soft marche aussi bien sur des configurations différentes?". Bref, concentrez votre étude sur un certain type de logiciel (par exemple les logiciels de généalogie), et essayez de relever les principaux points forts et points faibles de chaque logiciel. Imaginez un soft réunissant toutes les qualités de chaque logiciel, auquel vous apporterez votre touche personnelle. Il ne s'agit pas de copier purement et simplement des fonctions, mais d'identifier les buts de chaque logiciel, et plus globalement, les BESOINS auxquels ils répondent, avec plus ou moins de succès. Votre logiciel devra ainsi comporter le plus possible de solutions à des besoins.

Programmez une application appartenant à domaine qui vous attire. La passion est nécessaire, c'est grâce à elle que vous ne renoncerez pas lorsque vous serez confrontés aux interminables séances de débogage. De plus, étant vous-même amateur dans le domaine d'activité du logiciel, il vous sera plus facile de vous mettre à la place de l'utilisateur, et ainsi anticiper plus facilement ses attentes.

La réalisation

Comme nous l'avons précisé plus tôt, pas de cours de programmation. J'en suis incapable et ce n'est pas le but de ce guide. Utilisez les outils avec lesquels vous vous sentez le plus à l'aise et mettez-vous au travail.

La méthode

Là encore, chacun sa méthode. Certains vont vous jurer que rien de bon ne pourra être réalisé si vous n'avez pas commencé par faire un ornigramme, ou qu'il ne faut rien commencer avant d'avoir écrit entièrement la documentation, etc...

Tous les fétichismes sont bons. Si vous en avez un, et êtes heureux avec, allez-y. Cependant, même si un minimum de discipline est nécessaire, car cela fait gagner du temps (documenter ses variables, écrire le maximum d'infos sur papier, commenter le source, etc...), le plus important est de "faire comme on aime", quitte à corriger le tir peu à peu ou... la prochaine fois! Mais c'est le seul moyen d'aboutir à une méthode qui soit à la fois efficace et personnelle. Elle se rodera au fil du temps.

Quand on programme quelque chose pour son usage personnel, il est rare de s'attarder sur des petits détails, à l'apparence et la compatibilité avec d'autres systèmes. Lorsque vous écrivez un logiciel destiné à être diffusé en shareware, vous l'avez deviné, cela ne se passe pas de la même manière : votre logiciel doit être capable de fonctionner correctement sur un maximum de systèmes, avec des performances acceptables.

Un bon test: quand votre soft sera terminé, trouvez une machine moins puissante que la vôtre (dites-vous que l'énorme majorité des utilisateurs dispose de machines moins puissantes que la vôtre) et installer-le. Ensuite, répondez honnêtement à la question suivante: "Est-ce que je serais content d'utiliser ce logiciel dans ces conditions moi-même ?". Si la réponse est non, il va falloir reprogrammer certaines routines de calcul, d'affichage, etc..., afin de rendre le programme plus rapide.

Quand on programme un shareware, on ne construit ni plus ni moins qu'un produit. L'utilisateur, en plus d'être satisfait avec les fonctions que votre logiciel apporte, sera moins susceptible de s'enregistrer si votre logiciel ne donne pas EN PLUS une image de sérieux et de professionnalisme. Tout dans le logiciel, doit refléter cette image. A l'inverse des logiciels commerciaux classiques, les logiciels shareware font apparaître d'énormes différences qui en disent long sur le sérieux et l'implication qu'y ont apporté leurs auteurs. Il y a les logiciels livrés sans documentation ou avec une documentation pauvre ou rédigée le chrono à la main, ceux qui sont contraignants (pas de choix du répertoire d'installation) etc... et bien sûr, les autres, ceux qu'il va falloir écrire (ou améliorer)!

L'image

Aussi puissants et fonctionnels soient-ils, les logiciels ne donnant pas une image de sérieux sont quasiment certains, à quelques rares exceptions près, de n'avoir aucun avenir, car l'utilisateur "navigue" si vite d'un logiciel à l'autre que si la première impression est mauvaise, il est très peu probable qu'il se fatigue à observer le logiciel en détail. Tout ceci pour dire qu'il ne faut surtout pas croire que l'utilisateur soit un juge qui va examiner un logiciel de manière complète et rendre un verdict objectif à la fin. Ce sera du tout ou rien, et la décision de passer ou non au logiciel suivant se prendra très vite.

Les logiciels shareware, quel que soit le domaine, donnent une image qui va du pur "hobby" au produit bien ficelé qui se compare sans aucun complexe avec ceux des éditeurs commerciaux classiques (parfois ce sont les logiciels commerciaux "classiques" qui font figure de parent pauvres par rapport à quelques logiciels shareware de qualité).

La tendance est à la réalisation de logiciels appartenant à cette deuxième catégorie, et pour cette fois, je vous encourage à suivre aveuglément cette tendance.

Vous devez donc produire le corps du logiciel et vous devez également lui donner une "vitrine" afin que l'utilisateur ait envie d'entrer dans le "magasin" et regarder s'il ne trouve pas quelque chose qui l'intéresse. Ce n'est uniquement à ce moment que les fonctionnalités de votre logiciel vont être observées et jugées. Mais si la vitrine n'est pas jolie ou trop austère, personne (enfin disons pratiquement personne) n'ira voir à l'intérieur. Très important, donc.

La première impression

Mais qu'y a-t-il dans cette vitrine, me direz-vous? Beaucoup de choses. Prenons l'ordre chronologique, toujours en nous mettant à la place de l'utilisateur. On rappelle le but du jeu: faire en sorte que l'utilisateur soit attiré par le logiciel, que sa première impression d'ensemble soit positive, et enfin qu'il ne soit pas déçu (et idéalement, agréablement surpris) par le contenu et l'utilisation du logiciel.

A ce niveau-là, nous ne parlons même pas de licence, d'enregistrement ou de quoi que ce soit qui puisse détourner l'attention de l'utilisateur de la première étape: la découverte. Le premier objectif est donc que le logiciel soit apprécié et surtout UTILISE, qu'il réponde à un vrai besoin. Peu à peu, le produit deviendra non pas indispensable, mais incontournable (on peut très bien survivre sans ordinateur, quoique....) L'utilisateur y sera habitué, et aura tout d'un coup terriblement besoin d'approfondir son utilisation de certaines fonctions, et voudra obtenir la version enregistrée, pour la seule et unique raison que cette version enregistrée constitue une amélioration de ce qu'il aime déjà..

A l'exception des ventes "coup de foudre" (ça arrive), l'utilisateur ne s'enregistrera pas s'il n'a pas traversé toutes ces étapes avec satisfaction.

Le but est donc de produire quelque chose qui fera en sorte, autant que possible, que l'utilisateur soit guidé vers le chemin menant à la commande de la version enregistrée, ou à l'envoi d'un courrier de félicitations, d'une carte postale, bref de l'objectif que vous vous êtes fixé le jour ou vous avez décidé d'écrire un logiciel shareware.

Et comme nous avons la chance d'être à la fois auteurs et utilisateurs, il nous suffit de nous souvenir des raisons pour lesquelles, lorsque l'on se ballade sur un CD shareware ou un site de téléchargement, on s'arrête sur certains logiciels plus longuement que sur d'autres.

Tout d'abord, la description du logiciel, parmi la liste des autres logiciels de la catégorie. Parfois, c'est l'éditeur du magazine, du CD-ROM ou du site de téléchargement qui s'en est chargé. Parfois, la description qui est affichée est tout simplement le FILE_ID.DIZ, ou un texte un peu plus long quand l'auteur a pris soin d'inclure parmi les fichiers de distribution un fichier texte contenant, une description courte et une description longue.

C'est bien souvent dès la description que l'on "flaire" les meilleurs logiciels, et voila pourquoi il faut prendre du temps pour soigner particulièrement ces descriptions. Lors de la rédaction du texte, il faut s'efforcer d'éviter tous les mots du style "le meilleur...." ou "le seul..." etc... Ne surtout pas donner de jugement. Ce sera l'affaire de l'utilisateur ou du distributeur, ils sont là pour ça. Nous on est là pour dire ce que fait le logiciel, pas pour dire qu'il est meilleur que les autres.

En revanche, il faut décrire TOUS les avantages du logiciel. La première ligne doit être suffisante pour annoncer le type de logiciel dont il s'agit. Le reste doit être accès sur les besoins qui sont satisfaits par les fonctions de votre logiciel, avec des précisions sur les performances dans la satisfaction de chaque besoin.

Par exemple:

BIBLIO CD 1.02 [AFAS] Gérez votre collection de CD-ROM et CD musicaux. Biblio CD comporte une panoplie complète de fonctions vous permettant de gérer votre collection de CD informatiques ou musicaux, fonctionnant sous Windows 3.1, 95, NT.
La saisie des fiches est facilitée par la possibilité de définir ses propres formulaires de saisie (jusqu'a 50 champs par formulaire). Les recherches peuvent s'effectuer de manière assistée ou directement sous la forme d'une requête SQL. Pour la génération des rapports, Biblio CD inclut un éditeur vous permettant d'e définir la structure et les éventuels calculs à effectuer sur les champs, pour présenter des sous-totaux, des moyennes, etc...
Une fonction "Recherche rapide" vous permet de définir une recherche en quelques clics.
Pour chaque recherche que vous effectuez, vous pouvez sélectionner une recherche parmi celle que vous avez préalablement sauvegardées. Biblio CD inclut des bases de données d'exemple, ainsi que des formulaires de saisie et des rapports prés-définis, qui devraient satisfaire les besoins les plus courants. Il ne tient qu'à vous de les adapter plus en détail, ou d'en recréer de toutes pièces.
Biblio CD vous permet de créer un nombre illimité de bases de données, jusqu'à 15.000 enregistrements par bases, contenant chacun jusqu'à 100 champs par enregistrement.
Dans sa version complète, Biblio CD permet d'importer des fichiers aux formats DBF et ASCII délimité, afin de vous permettre de commencer à travailler rapidement avec des données existantes, provenant des principaux logiciels de bases de données. La prise en main est facilitée par l'aide en ligne, consultable à tout moment.

Voila, je viens de décrire l'un des softs que j'aimerais trouver en shareware. Il n'y a rien de "racoleur" dans le texte, et pourtant, si je vois une telle description, je saute sur le programme, et s'il fait effectivement ce qui est décrit et que le prix n'est pas exagéré, je m'enregistre à coup sûr. D'ailleurs, il est possible que ce logiciel existe déjà, mais qu'il est mal décrit, ou qu'il n'a pas attiré mon attention, tout simplement.

C'est en tout cas ce genre de description qu'il faut favoriser. Indiquer toutes les fonctions importantes du logiciel, comme si vous étiez un journaliste voulant donner un avis honnête sur un logiciel qu'il vient d'étudier. Il n'est pas ici question de faire une pub effrénée de votre logiciel. Personne ne sait comment votre logiciel sera listé (avec des couleurs, sans couleurs, intégralement ou coupé à moitié pour tenir dans la page). Il faut se borner à donner les faits, de manière positive. Bien souvent, le rédacteur, après avoir lu des tonnes de descriptions accrocheuses ou pas très explicites, (ou après avoir eu à rédiger lui-même des descriptions parce que l'auteur n'a pas inclus de description pour lui faciliter la tache), sera tenté de la faire apparaître telle-quelle. Et s'il doit vraiment faire quelque chose de très court, il se cassera davantage la tête pour faire tenir les points essentiels. Le mieux est, là encore, de devancer ses attentes et de prévoir également une description courte.

Une description courte ne doit mentionner que peu ou pas de performances. Il peut s'agir d'un slogan en une phrase. L'ensemble ne doit pas dépasser 4 ou 5 phrases courtes.

C'est le moment d'inclure un principe marketing (un seul!): ne pas proposer un produit, mais une solution. La description courte ne doit pas présenter des fonctionnalités, elle doit présenter des solutions à des problèmes.

Les mots "solutions" et "problèmes" sont à prendre au sens large. Si votre shareware constitue un jeu, non-éducatif, la "solution" au "problème" est vite trouvée: le logiciel satisfait le besoin de jouer!

Un exemple de description courte orientée "problème-solution".

BIBLIO-CD constitue une solution efficace à la gestion de vos CD-ROM et CD-Audio. Cette base de donnée est entièrement pensée pour la gestion des CD, et vous libère de la plupart des opérations de paramétrage, qui aurait étaient nécessaire dans un logiciel de base de données classique.

Le contenu

La description ayant atteint son but, admettons que la première étape soit réussie. L'utilisateur a été séduit, non pas par votre opinion sur votre propre logiciel, mais par les fonctionnalités qui ont été décrites. Il procède à présent à l'installation de votre soft.

C'est à ce moment que l'utilisateur va vraiment tester votre logiciel. Et soyez sûr que s'il a été séduit par la description, il va vouloir découvrir les fonctionnalités du soft. Mais tout d'abord, il ne faut pas qu'il se sente perdu dans le logiciel. Les options doivent clairement apparaître. Le look est maintenant aussi important. Certains vous diront que cela ne sert à rien, mais il est toujours agréable d'avoir sous les yeux, à défaut de quelque chose de joli, quelque chose d'attrayant, qui incite à l'utilisation.

C'est maintenant à votre logiciel de jouer. S'il a été bien pensé, s'il a été très axé sur l'utilité, la productivité, bref sur un caractère fonctionnel, l'utilisateur va l'aimer. Il faut, avant tout, et quelles que soient ces performances, que votre logiciel rend clairement des services, apporte des solutions, et de la manière la plus intuitive possible. Vaste programme. Mais tous les logiciels à succès répondent à ces attentes.

Même si votre logiciel est moins performant que certains autres, il sera peut-être plus facilement utilisable, et les fonctions seront peut-être plus accessibles.

La documentation

Voila une grande part du travail. A l'inverse des descriptions contraignantes, en ce qui concerne la documentation, plus c'est détaillé, mieux c'est! N'hésitez-pas à inclure, en plus des descriptions des fonctions, le maximum d'exemples, des captures d'écrans commentées, pour décrire l'enchaînement des manipulations à effectuer. C'est également dans la documentation que vous indiquerez comment s'enregistrer, quels sont les avantages apportés par la version complète etc...

Ajoutez également quelques trucs et astuces, et surtout, une section de dépannage, qui indique comment résoudre les problèmes les plus courants.

Dans la documentation comme dans le logiciel lui-même, partez du principe que l'utilisateur n'est pas un connaisseur en matière d'informatique. Il doit pouvoir "être dans le bain" et utiliser votre logiciel le plus rapidement possible, même s'il n'a lu les instructions concernant une seule fonction, que vous auriez décrit pas à pas dans la documentation. S'il réussit à aller au bout de cette fonction, il sera plus disposé à faire l'effort de découvrir les autres fonctions en cherchant davantage par lui-même.

La documentation doit donc contenir le maximum d'informations, avec une seule contrainte, non-négligeable: l'organisation des informations. Par exemple, on peut diviser la documentation en 4 grandes parties: Prise en main, description, exemples et didacticiel. A vous de déterminer quelles seront les subdivisions à l'intérieur de chaque partie.

A moins que votre logiciel ne soit extrêmement simple (dans certains cas, la documentation peut ne pas être obligatoire), le fait de construire un fichier d'aide très étoffé aura pour premier effet de rassurer l'utilisateur, qui en cas de problème, peut toujours se dire: "Ce truc-là doit être expliqué dans la doc, elle a l'air bien fournie, j'irai voir après."

Autre avantage d'une documentation détaillée: l'utilisateur pourra, dans une plus grande mesure, se débrouiller tout seul. Si tout est bien expliqué, si une section de dépannage est incluse, moins d'utilisateurs auront besoin d'avoir recours à votre assistance technique.


PARTIE 2: LE SYSTEME DU SHAREWARE: COMMENT L'UTILISER AU MIEUX

Nous venons de passer en revue certains aspects de la réalisation d'un logiciel shareware. Mais nous avons jusqu'ici parlé beaucoup de "logiciel", mais pas assez de "shareware". Le shareware suppose que l'utilisateur, ayant apprécié un logiciel, décide de l'utiliser et envoi son règlement à l'auteur. Ca, c'est la théorie. En pratique, évidemment, il ne faut surtout pas croire que le principe du shareware (essayer avant d'acheter) se vérifie dans les faits, surtout en France. N'importe quel auteur ayant déjà diffusé des logiciels en shareware sait de quoi je parle.

Il s'agit d'une loi éternelle: la loi du "pourquoi". Pourquoi quelqu'un enverrait-il un chèque pour quelque chose qu'il a déjà, et qu'il a obtenu de façon tout à fait légale? Il existe quelques exceptions, mais pour tout effort, nous recherchons toujours une contrepartie. Peu d'utilisateurs iront envoyer un chèque avec comme seule ambition l'espoir de recevoir un petit mot de remerciement de votre part.

Votre logiciel est un produit commercial avant d'être un logiciel shareware. Si vous ne mettez pas votre logiciel en freeware ou domaine public, mais choisissez le circuit du shareware, cela signifie que vous voulez vendre votre logiciel. Il s'agit d'un produit commercial et il faut donc le considérer comme tel. Quant à vous, en tant qu'auteur, vous êtes la personne qui en détient tous les droits.

Si vous indiquez dans le logiciel ou dans sa documentation que le logiciel est diffusé en shareware, ceci veut simplement dire que cette version est diffusé selon un système de distribution appelé "shareware". Evitez les mots "distributiels", "graticiels" ou encore "partagiciels", ça énerve tout le monde et cela ajoute encore plus de confusion à une notion qui est déjà suffisamment mal connue et mal comprise comme cela. Vouloir travailler de façon sérieuse dans l'informatique, qui plus est dans la programmation, suppose sinon une certaine familiarité avec la langue anglaise, tout du moins une ouverture d'esprit minimale, permettant d'éviter l'exhibition de tout militantisme à l'encontre des mots n'ayant pas une origine française, mais étant généralement acceptés, reconnus et compris.

Petit test pour ceux qui pensent le contraire:
Essayer de dire "Ce week-end, j'ai mangé une pizza." sans employer les mots étrangers "week-end" et "pizza" qui constituent une invasion et un danger de mort pour notre langue française et notre culture si exemplaire...

C'est enfin terminé, votre logiciel est maintenant achevé, tous les tests de débogages ont été effectués, les corrections incluses, et déjà quelques amis utilisent votre logiciel et n'ont plus aucun "bug" à vous annoncer.

C'est terminé? En fait, pas tout à fait. Disons plutôt que ça ne fait que commencer!

C'est à partir de ce moment que l'auteur ne doit surtout pas "s'essouffler", considérer qu'il a fait son travail, et que quelques disquettes envoyées à des distributeurs, plus quelques uploads effectués en une soirée seront suffisant pour que leur logiciel puisse enfin passer du stade de "programme" à "logiciel shareware ambitieux".

Après le travail de programmation, et tout le travail nécessaire à la création du produit lui-même, Il est conseillé de laisser passer quelques jours sans vous occuper de votre logiciel. Ceci afin d'éviter de vouloir "tout boucler" rapidement, en se disant que le plus dur est fait, et qu'il suffit de vite trouver les enveloppes et les timbres pour envoyer tout ça à quelques distributeurs, et ne plus trop s'occuper des utilisateurs et des licences ensuite.

Il est important de démarrer cette seconde étape avec un esprit neuf. Ne plus avoir en tête les casse-tête de telle ou telle routine de programmation, et tous les problèmes (résolus) liés à la conception du logiciel.

Vous revenez quelques jours plus tard sur votre logiciel, avec l'intention de commencer depuis zéro quelque chose de totalement nouveau. Vous avec un produit entre les mains, et vous avez tous les droits dessus pour en faire absolument tout ce que vous voulez.

Et le plus dur commence: faire connaître son logiciel. Le différencier des centaines de milliers d'autres logiciels shareware. Il s'agit vraiment d'être totalement déconnecté de la partie programmation.

Pour le moment, votre compteur est à 1. Cela signifie que 1 personne (vous) sait que le produit est terminé, qu'il est disponible et qu'il vaut la peine d'être utilisé. Il s'agit maintenant:

  • de le faire connaître
  • de rendre son achat (enregistrement) facile

Faire connaître son logiciel

Les distributeurs classiques Première cible: les distributeurs de disquettes et de CD-ROM. Vous pouvez en obtenir une liste chez l'AFAS, sinon les magazines d'informatique contiennent souvent un certain nombre d'encarts publicitaires présentant l'offre de ces distributeurs. Identifiez les distributeurs sérieux (ceux qui ne vendent pas leurs disquettes à plus de 30 Frs l'unité, et qui mentionnent que les logiciels qu'ils distribuent sont des logiciels shareware) et envoyez-leur une copie de votre logiciel.

Joignez un courrier d'accompagnement, plus une page imprimée de votre fichier VENDOR.DOC (ou LISEZMOI.TXT, README.TXT) contenant une description courte et une description longue du logiciel, les instructions d'installation et la configuration minimale nécessaire pour faire fonctionner le logiciel.

Très important: envoyez un courrier indiquant de façon explicite, sans équivoque possible, que vous autorisez le distributeur à diffuser votre logiciel selon le système du shareware. Certains distributeurs (les plus sérieux en général) ne peuvent strictement rien faire avec une grande partie des logiciels qu'ils reçoivent, tout bêtement parce que l'auteur n'a pas indiqué qu'il autorise la diffusion de son logiciel. Cela peut paraître idiot, mais c'est comme ça, c'est le côté légal. Le distributeur veut être couvert légalement et c'est tout à fait normal.

Les magazines d'informatique

Envoyez également votre logiciel, de la même manière aux magazines informatiques. Prenez soin de mentionner sur l'enveloppe "Proposition de logiciel shareware" afin de leur faire gagner du temps (les magazines reçoivent toute sorte de courrier, il est important que le vôtre puisse être rapidement transmis à la personne intéressée). Pensez, là encore, à mentionner que vous autorisez le magazine à diffuser votre logiciel par le biais de leur CD-ROM.

Joignez un petit communiqué de presse mentionnant la date, votre nom et votre numéro de téléphone en en-tête. Indiquez tout ce qu'il y a d'intéressant dans votre logiciel, tout ce qu'aimerait lire un journaliste (ce est-à-dire tout ce qu'aimerait lire un lecteur d'une revue d'informatique). Assurez-vous de bien décrire les aspects sur lesquels votre logiciel apporte quelque chose de nouveau. Ne vous attardez pas trop sur les performances de votre logiciel, mais plutôt sur tout ce que votre soft a de "novateur".

Vous facilitez ainsi la tache du journaliste, qui aura ainsi moins de mal à écrire un article sur votre soft plutôt que sur un autre, le jour ou le magazine devra réaliser un sujet spécial dans un domaine correspondant à celui de votre logiciel.

Les BBS et Internet

Si vous disposez d'un modem, uploadez votre logiciel sur les BBS que vous fréquentez le plus souvent. Cela vous permettra aussi de répondre plus facilement aux messages des utilisateurs de votre logiciel se connectant régulièrement sur les mêmes BBS.

Mieux encore, et c'est maintenant devenu incontournable, votre logiciel doit être accessible depuis Internet. Les deux sites les plus importants sont SIMTEL et WINSITE. Ces deux sites disposent de serveurs FTP qui sont "mirrorés" dans le monde entier. Par exemple, si vous uploadez votre logiciel sur WinSite, vous verrez qu'une quinzaine de jours plus tard, votre fichier sera également présent sur près d'une centaine d'autres serveurs FTP à travers le monde. Idem pour Winsite. Vous pouvez accéder à ces sites en vous connectant sur: http://www.simtelnet.net et http://www.winsite.com

Pour être présent sur le site shareware le plus connu et le plus fréquenté (ZD Net), vous devez vous connecter sur http://www.upload.com pour uploader votre fichier (notez que la présence d'un fichier VENDINFO.DIZ est obligatoire).

Le seul "hic" est de taille: une version en anglais de votre logiciel est sinon obligatoire, au moins plus que conseillé pour pouvoir être uploadé sur ces serveurs.

Maintenant, vous pouvez toujours créer votre propre site web, y présenter votre logiciel et le proposer en téléchargement, dans un premier temps en accès direct depuis votre site, mais le mieux est de trouver un site FTP (comme celui de L'AFAS ftp://ftp.afas-fr.org/pub/pc/afas/) pour héberger votre fichier (le transfert de fichier est bien plus rapide avec le protocole FTP - qui d'ailleurs signifie File Transfert Protocol - qu'en HTTP, utilisé principalement pour les documents HTML et les fichiers d'images. De plus, si votre logiciel commence à avoir du succès, s'il est téléchargé de plus en plus depuis votre site (et non depuis un site FTP externe) votre provider Internet pourrait commencer à faire la grimace, car vous allez peut-être dépasser la limite de "bandwidth" autorisée, ce qui signifie que votre site web génère trop de trafic de données.

Vous devrez ensuite faire connaître votre site, tout bêtement en faire la pub sur Internet. Les moyens sont nombreux: s'inscrire dans les moteurs de recherches, faire des échanges de liens (ou de bannières publicitaires) avec d'autres auteurs, se faire référencer sur des sites shareware français et étrangers, annoncer son soft dans les newsgroups, etc...

Sur le site de l'AFAS (http://www.afas-fr.org/), dans la partie "autres pages interessantes", vous trouverez des liens qui vous conduiront vers des sites vous proposant des tas de solutions pour vous faire connaitre.

Faciliter l'achat (l'enregistrement) du logiciel: 5 conseils

Ce n'est que mon avis, mais un auteur qui démarre dans le shareware aujourd'hui et qui ne réunit pas au moins 2 parmi les 5 conditions suivantes a peu de chances de réussir dans le shareware. Ceux qui utilisent les 5 ont mis pratiquement toutes les chances de leur côté.

1- Inclure son numéro de téléphone dans le logiciel

Les utilisateurs aiment être conscient qu'en cas de problème, ils peuvent appeler pour demander des conseils, vérifier s'ils ont bien la dernière version, etc...

2- Etre connecté à Internet

Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, une connexion internet pour permet d'avoir une adresse e-mail. Une adresse E-mail constitue la garantie de contacts faciles et rapides, non seulement avec les utilisateurs, mais aussi avec les distributeurs, ou toute personne étant intéressée par votre logiciel.

Ensuite, cela vous donne la possibilité de créer une homepage pour votre logiciel. Vous pourrez ainsi le présenter de manière exhaustive: inclure des captures d'écran, décrire en détail toutes les fonctionnalités, donner la possibilité aux visiteurs de télécharger la version shareware, vous laisser des messages, faire des échanges de "liens" avec d'autres pages web appartenant à la même catégorie que la vôtre, etc...

Cela vous permettra également d'uploader ou de faire référencer votre logiciel chez les principaux distributeurs shareware présents sur Internet, dont certains reçoivent des milliers de visiteurs chaque semaine. Enfin, être branché sur Internet permet de se renseigner plus facilement sur les logiciels concurrents.

3- Donner la possibilité aux utilisateurs de commander par carte de crédit

Certains sites web comme http://www.shareit.com proposent de s'occuper de l'enregistrement en ligne des logiciels shareware pour le compte de l'auteur. L'enregistrement peut parfois également s'effectuer par téléphone ou par fax, ce qui permet aux utilisateurs non connectés à Internet de pouvoir néanmoins payer par carte de crédit.

4- Utiliser le système de clé d'enregistrement

La clé d'enregistrement est un système permettant à l'utilisateur de saisir un code depuis la version shareware (code calculé en fonction du nom de l'utilisateur), qui "débloque" les fonctionnalités de la version complète (n'oubliez pas que votre logiciel shareware doit néanmoins être fonctionnel, et que les fonctions débloquées ne doivent constituer que des "plus" et non pas des fonctions indispensables à une utilisation normale).

L'avantage d'inclure un système de clé d'enregistrement est double. Il permet à l'utilisateur d'obtenir sa version shareware plus rapidement. Dans le meilleur des cas, si vous vous entendez à l'avance avec votre partenaire gérant les commandes par carte de crédit, l'utilisateur n'a qu'a appeler, donner son numéro de carte de crédit, et on lui communique son code personnel d'enregistrement. Sinon, il peut recevoir son code par téléphone ou par fax, ce qui est toujours plus rapide que d'envoyer une disquette. L'avantage pour l'auteur réside dans le fait qu'il n'a pas de disquette à envoyer, donc moins de frais, et moins de temps à consacrer aux taches fastidieuses du courrier.

Un conseil: prévoyez que l'utilisateur ait à renter un code correspondant à son nom et prénom, et non pas un code unique. Ceci pour éviter d'une part que le code "s'ébruite" et d'autre part pour pouvoir automatiquement "personnaliser" la version enregistrée ainsi générée. Les utilisateurs sont en général flattés de voir leur nom apparaître dans la barre de titre du logiciel: "Version enregistrée à Mr X". Cela montre également qu'ils supportent le système du shareware et se montrent honnêtes vis-à-vis des auteurs.

5- Proposer une version en anglais

Il est toujours très délicat de conseiller à des français de s'intéresser à l'anglais, mais si vous souhaitez être sérieux dans le shareware, pourquoi ne pas multiplier par 20 ou 30 le nombre d'utilisateurs potentiels de votre logiciel ?

Pouvez-vous me citer UN SEUL logiciel en français, en allemand ou en italien, qui ait réussit internationalement? Je n'en connais aucun. Par contre, je peux vous citer des tas de logiciels shareware européens, ultra-connus dans le monde entier, réalisés par des allemands, des anglais, des Scandinaves et même des français. La particularité de ces logiciels? Mis à part le fait qu'ils soient excellents, ils sont également en version anglaise. Disposer d'un logiciel en anglais vous ouvre également beaucoup plus d'horizons sur Internet. Pour uploader votre logiciel, il suffira de faire une recherche (par exemple à partir de www.hotbot.com) sur "shareware submission", pour trouver une liste de sites sur lesquels vous pouvez soumettre votre logiciel.

Cependant, cela suppose que vous parliez vous-même l'anglais. Il est à déconseiller d'avoir à recourir à des services extérieurs, si vous ne parlez pas vous-même un minimum l'anglais. En effet, supporter un logiciel en version anglaise suppose pouvoir répondre aux questions posées par des utilisateurs du monde entier.

Si vous maîtrisez suffisamment l'anglais pour pouvoir tenir une conversation normale, vous pouvez alors diffuser une version anglaise. Il est dans ce cas conseillé de se faire aider pour relire les textes de votre logiciel et les fichiers d'aide.

Réfléchissez aux 5 conseils présentés ci-dessus. Votre logiciel aura beau être bon, et même d'un excellent niveau, il y a une énorme différence entre un utilisateur qui apprécie un logiciel et un utilisateur placé en situation d'envisager sérieusement le paiement de la licence. Tout doit être prévu, tout doit être facile pour lui. Il faut lui donner le choix et une grande facilité. Ce n'est qu'a partir de ce moment ou il se posera la question: "Je m'enregistre ou pas?".


PARTIE 3: ETABLIR ET MAINTENIR SES CONTACTS

En tant qu'auteur de shareware, vous évoluez dans un environnement particulier. A mi-chemin entre "entreprise" et "hobbyiste", les utilisateurs n'ont qu'une idée très floue de ce que vous représentez en tant qu'auteur de shareware. Certains penseront que vous êtes déjà riche comme Crésus, sans se rendre compte que cela peut prendre des années avant qu'un auteur puisse vraiment vivre du shareware. Et les exemples de ce type de réussite sont très rares. On peut comparer cette situation à celle des joueurs de football professionnels: non seulement ils sont doués pour le foot, mais ils ont souvent sacrifié une grande partie de leur jeunesse pour en arriver là. Et si vous remarquez un jeune de 18 ans très doué jouer au football dans un parc, l'idée qu'il puisse être un footballeur professionnel gagnant des sommes folles ne vous viendra sûrement pas à l'esprit, malgré le talent évident du jeune.

A vous de donner à l'utilisateur une image de sérieux. Mais il n'est pas pour autant nécessaire de vouloir paraître comme une entreprise solidement implantée depuis des années. Dans la documentation, vous pouvez employer le "nous" à la place du "je", mais il est préférable de tirer parti de la situation d'auteur unique.

En gros, votre documentation et vos écrits en général doivent donner l'image suivante: "Je suis l'auteur de ce logiciel, je le connais donc mieux que quiconque. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter. Si vous avez des suggestions, je serais ravi de les entendre, car c'est en grande partie grâce à ça que j'ai pu améliorer mon logiciel."

L'utilisateur se rend ainsi compte de l'énorme avantage de n'avoir qu'un seul interlocuteur, en l'occurrence le plus compétent possible, quel que soit le type de question. Une bonne relation auteur-utilisateur est souvent la base du succès dans le shareware: des utilisateurs fidèles, un auteur motivé, un logiciel qui ne cesse de s'améliorer.

Les relations avec les utilisateurs

Les utilisateurs vous contactent le plus souvent par telephone ou par courrier (bien qu'il arrive que certains, habitant la même région, souhaitent se rendre chez vous pour aller chercher leur disquette).

Avant l'achat, les utilisateurs appellent souvent pour vérifier s'il y a bien quelqu'un, et si le logiciel fait aussi ceci ou cela. Certains auront déjà utilisé votre logiciel en version shareware depuis plusieurs mois, et vous poseront des questions techniques.

Même si l'utilisateur n'est pas enregistré, et dans la mesure où la solution ne vous demande pas trop de temps ou de travail, il faut l'aider, et ceci pour plusieurs raisons.

D'abord parce que si vous répondez que vous ne l'aiderez pas, vous pouvez être certains que l'utilisateur laissera tomber votre logiciel, aura une mauvaise image non seulement de votre logiciel, mais également de toutes vos productions futures, et ce n'est pas ce que vous souhaitez. Si la réponse suppose un travail d'investigation, vous pouvez expliquer au client que vous êtes à son service pour lui expliquer le fonctionnement du logiciel, mais que la question posée s'apparente trop a du support technique, que cela demande du temps, et qu'il s'agit d'un service réservé aux utilisateurs enregistrés. Maintenant, le mieux est de noter la question, noter les coordonnées de l'utilisateur, et lui dire que vous lui ferez signe si vous trouver une solution, ou si dans le futur, une version améliorée de votre logiciel peut lui apporter satisfaction sur le problème soulevé.

Posez-vous également la question de savoir si la réponse à ce problème n'aurait qu'un intérêt individuel (celui de l'utilisateur non-enregistré vous ayant posé la question) ou si le fait de trouver une réponse ne pourrait pas également être utile pour vos utilisateurs enregistrés.

En règle générale, dès qu'un utilisateur (enregistré ou non) à un problème, vous apprenez quelque chose. Vous apprenez que votre logiciel serait plus utile avec une fonction supplémentaire, ou une fonction déjà existante, mais présentée différemment, ou mieux documentée). Vous apprenez qu'un utilisateur voudrait bien s'enregistrer, mais un petit "quelque chose" lui manque, d'ou son appel. Plus vous aiderez vos utilisateurs (enregistrés ou non) plus vous aurez de chances d'améliorer votre logiciel dans la bonne direction, de trouver de nouvelles idées, et de fidéliser vos utilisateurs.

Vous avez également remarqué que certains de vos utilisateurs ne sont pas très à l'aise avec un ordinateur. Vous avez beau leur dire, c'est tout simple, il suffit de copier ce fichier dans le répertoire \Windows\System.", ils se sentent encore plus perdus qu'avant de vous avoir contacté!

Vous avez déjà reçu ce genre d'appel assez difficile, qui peut également devenir agaçant quand il dure plus d'une demi-heure, surtout si la personne à l'autre bout du fil marmonne des "bin alors, c'est vraiment pas simple votre truc!", pour vous remercier d'avoir passé 10 minutes à lui expliquer comment taper une ligne de commande DOS. Dites-vous bien que ce n'est la faute de personne. Les gens doivent apprendre a conduire avant d'acheter une voiture, mais pour acheter un ordinateur, savoir utiliser un clavier numérique pour taper le code de sa carte de crédit suffit.

Il n'y a pas de "permis informatique", personne n'a jamais appris ça à l'école, (ça commence tout doucement en France, mais comme d'habitude avec des années de retard par rapport aux autres pays Européens). A titre perso, j'ai travaillé 2 ans dans le support technique et c'était toujours parmi les appels français que l'ont trouvait le plus de personnes totalement débutantes en informatique (mais d'un autre côté, les français sont plus sympathiques au téléphone que d'autres, quand soit-disant le logiciel "ne marche pas").

A vous de tirer les leçons de ce genre d'appels. Vous n'avez certainement pas envie d'avoir à faire ça tous les jours. D'un autre côté, vous n'allez pas non plus mentionner dans votre logiciel que seuls les utilisateurs avertis ont le droit de s'enregistrer. La solution consiste à anticiper au maximum les problèmes qui peuvent survenir et préparer des solutions. Pourquoi ne pas ajouter une section 'FAQ' dans la documentation (questions fréquemment posées)? Des fonctions de "Sauvegarde" et "Restauration" dans le menu Fichier?

Profitez-en pour analyser la manière dont vous avez construit vos écrans, la partie visuelle du logiciel. Est-ce facilement compréhensible? Nous avons tous des amis qui ne connaissent rien ou pas grand-chose à l'informatique. Le top du top, c'est de leur demander de vous accorder 1 heure. Et vous laissez votre ami installer et utiliser votre soft, sans rien lui dire, mais absolument rien. Et là, ouvrez grands vos yeux et votre oreille, car vous allez apprendre des tas de choses. Si vous améliorez / adaptez votre logiciel en conséquence, si votre ami l'utilise à nouveau cette fois-ci sans rencontrer de difficultés, dites-vous que vous allez gagner un temps précieux, et que votre logiciel contient une forte valeur ajoutée.

Certains utilisateurs seront particulièrement "fans" de votre logiciel. Ils vont vous envoyer des courriers rédigés de façon très "pro", pour vous expliquer en détail, captures d'écran à l'appui, toutes les améliorations qu'ils souhaiteraient voir apparaître dans votre logiciel.

Un conseil: traitez ces utilisateurs comme des rois. Mieux encore que les autres (et oui, il ne faut pas se leurrer, dans la pratique, PERSONNE ne traite tous ses clients sur un pied d'égalité. Il faut bien s'occuper de tous les utilisateurs, mais certains méritent certainement des efforts supplémentaires).

Ces utilisateurs vont suivre l'évolution de votre logiciel pendant longtemps. Lorsque vous avez terminé une nouvelle version, et que vous recevez un courrier de suggestion de leur part, envoyez-le la nouvelle version. Si vous maintenez un petit cercle de 6 ou 7 utilisateurs très motivés et désireux de faire progresser votre logiciel, faites tout pour les garder, étudiez soigneusement leurs suggestions. Et le plus important: répondez à tout leur courrier en revenant sur chacun des points qu'ils ont suggéré. La plupart du temps, il n'est pas nécessaire de répondre rapidement. Mais ce genre de courrier constitue souvent une base de travail, et une source d'idées non négligeable, qui mérite toute votre attention, et votre franchise dans votre réponse à l'utilisateur, pour lui expliquer quelles sont les suggestions que vous jugez interessantes, et quelles sont celles que vous jugez non-implémentables pour l'instant (expliquez pourquoi). Vos utilisateurs seront contents de se rendre compte que vous vous adressez à eux de manière moins formelle, en étant totalement franc avec eux.

C'est ça aussi le shareware, certains utilisateurs peuvent devenir des amis au fil du temps.

Les relations avec les distributeurs

N'hésitez pas à correspondre souvent avec vos distributeurs, envoyez-leur régulièrement vos mises à jour (en expliquant dans le courrier les améliorations apportées). Tous les distributeurs doivent faire de la pub, et dans leur pub, la plupart publient un extrait de leur catalogue. Il y a davantage de chances pour qu'un distributeur choisisse d'afficher des logiciels pour lesquels il sait que l'auteur est sérieux et donne des signes de vie, que pour d'autres.

Les relations avec les autres auteurs

Et oui! Ici au sein de l'Association Française des Auteurs de Shareware, nous accordons une grande importance aux relations et aux échanges de conseils entre auteurs.

Etre auteur de shareware constitue pour beaucoup d'entre nous un facteur d'isolement. Notre famille ne comprend que rarement ce que nous faisons, parfois encore moins pourquoi nous le faisons, nos idées s'embrouillent parfois, et il nous arrive de rechercher des repères, des conseils, mais il est très rare que notre entourage puisse nous être d'un grand secours. De même, nous découvrons des choses sur le shareware tous les jours, qui nous font gagner du temps ou qui s'avèrent être de bons tuyaux. Nous souhaiterions les communiquer, mais à qui?

Si vous ressentez ce besoin d'échanger, rejoignez vite l'AFAS. Toutes les infos sont disponibles à l'adresse suivante:

AFAS
Yves FAVIER
Rotani
20270 ALERIA
http://www.afas-fr.org/
e-mail : [email protected]


CONCLUSION

On ne conclura jamais sur le sujet, mais la conclusion est une partie que tout le monde lit jusqu'au bout, donc j'en profite pour mentionner une nouvelle fois que ce Guide de l'auteur est tout sauf un texte qui doit rester inchangé. Il attend vos expériences, vos remarques, vos critiques, vos désaccords, des exemples issus de votre propre expérience qui illustrent les arguments présentés ici ou qui illustrent d'autres arguments dont vous souhaitez nous faire part.

En plus des sujets abordés dans le guide, voici des exemples de thèmes peu ou pas couverts du tout, pour lesquels nous souhaiterions recevoir des avis / comptes-rendus d'expérience de la part des auteurs:

  • publicité (journaux, bannières sur Internet): bonnes ou mauvaises retombées
  • type de "bridage", incitations, etc.. ayant bien marché, ou ayant complètement raté
  • situations difficiles (avec des auteurs ou des distributeurs) solutionnées
  • distributeur générant le plus de retour
  • type de distribution préférée et pourquoi
  • infos juridiques, légales et fiscales.
  • infos que vous souhaitez avoir, et que ce guide ne contient pas

J'apprécierais de recevoir ceci sous forme de fichier .TXT ou .DOC soit par e-mail ([email protected]) soit par courrier:

Christophe Bouscaut
Garenmarkt 17
2311 PH Leiden
Pays-Bas

Merci et bon courage à tous.